Jouissant jusqu’à présent d’une impunité totale au regard de ses nombreuses violations au droit international, Israël, en attaquant la « flottille de la liberté pour Gaza » dans les eaux internationales faisant vingt morts et des dizaines de blessés, vient de commettre un acte de piraterie intolérable.

Depuis juin 2007, la bande de Gaza et ses 1,5 millions d’habitants subissent un blocus indigne, condamné à de nombreuses reprises par les instances nationales, notamment par les Nations Unies, créant une pénurie régulière en médicaments et en eau. La population de Gaza a connu fin 2008 le déchaînement de l’opération israélienne « Plomb durci » qui a fait plus de 1 400 morts, principalement civils, femmes et enfants.

La situation que vivent les Gazaouis est donc un affront aux Droits de l’Homme, que la communauté internationale a laissé commettre puisqu’elle n’a jamais assorti ses condamnations de véritables sanctions.

La « flottille de la Liberté » qui comporte des membres d’ONG et des élus, transporte 10 000 tonnes de nourriture, de matériels et de vêtements. Cette initiative est parfaitement légitime puisque dans sa résolution 1860, point 3, le Conseil de sécurité de l’ONU indique « accueillir favorablement les initiatives visant à créer et ouvrir des couloirs humanitaires, et les mécanismes pour la distribution suivie de l’aide humanitaire. »

Par son attaque, le gouvernement israélien franchit un nouveau pas dans l’utilisation de la violence d’Etat et met gravement en péril la sécurité dans la région.

J’appelle donc le Gouvernement français à intervenir au sein du Conseil de sécurité de l’ONU et au sein du Conseil européen afin que de véritables sanctions soient prises à l’égard du gouvernement israélien jusqu’à ce que celui-ci lève le blocus de Gaza, cesse la colonisation de Jérusalem-Est et de la Cisjordanie et accepte les négociations pour la création de deux Etats souverains dans les frontières de 1967 conformément aux nombreuses résolutions de l’ONU.

Je rappelle l’exigence des sénatrices et sénateurs du groupe CRC-SPG que soit notamment suspendu l’accord d’association Israël-Union européenne en raison du non-respect de l’article 2 de cet accord concernant l’obligation de respecter des droits de l’Homme et d’agir dans le cadre de la Charte des Nations Unies.