Le groupe communiste, républicain et citoyen et des sénateurs du parti de gauche vous a interpellé, notamment lors du débat préalable au Conseil européen de décembre, sur le « rehaussement » des relations entre l'Union européenne et Israël alors que ce pays ne respecte ni le droit international, ni les résolutions de l'ONU.

Le Parlement européen s'est exprimé le 3 décembre dernier sur cette question en demandant le report du vote sur cet accord en janvier prochain. Les parlementaires européens ont ainsi protesté contre la politique israélienne et exprimé leur volonté de voir l'Union européenne s'investir plus efficacement pour faire respecter le droit et contribuer à la recherche d'une résolution politique du conflit.

La politique de colonisation menée par Israël n'appelle certainement pas de félicitations ni d’encouragements de la part de l'Union européenne mais au contraire, des sanctions ou à tout le moins des pressions, qui sont d’ailleurs explicitement prévues dans l'accord d'association, conclu en 1995 et actuellement en vigueur.

Les conclusions du Conseil des ministres des affaires étrangères sont d'autant plus consternantes qu’au même moment, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, qui regroupe 47 Etats, adoptait une liste de 99 recommandations à Israël allant de la levée du blocus de Gaza à la libération de prisonniers arabes.

Comment croire un instant qu’Israël modifiera sa politique en direction des palestiniens si l’Union européenne offre une récompense, octroi de nouveaux privilèges à cet Etat qui viole, de manière flagrante et permanente, le droit international et tous les engagements pris auprès du « quartet » et de la communauté internationale.

Cette décision est un non-sens, elle accorde une impunité totale à Israël et ce, au mépris de l’expression des représentants des peuples européens.

Cette décision remet gravement en cause la crédibilité de l'Union européenne dans la résolution de ce conflit.

Par conséquent, je vous demande, Monsieur le Ministre, d’agir auprès des institutions de l’Union européenne pour faire respecter le vote des parlementaires européens, pour que l’accord d’association conclu en 1995 soit suspendu et que toute perspective de rehaussement des relations avec Israël soit geler tant que cet Etat n’aura pas fait la preuve, sur le terrain, de sa volonté de respecter le droit international et ses engagements.

Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de ma considération distinguée.