La crise économique et financière que traverse les économies occidentales capitalistes est inscrite dans la logique même de fonctionnement de l’économie : recherche de la rentabilité maximale des capitaux, partage inégal de la richesse créée au détriment du travail, gaspillage de ressources naturelles et financières dans des opérations spéculatives, tout a concouru, depuis plusieurs dizaines d’années, à créer les conditions de la crise que nous connaissons.

Les penseurs et politiques libéraux reconnaissent eux-mêmes que la crise actuelle est d’une ampleur proche, voire supérieure, à celle de 1929. Dans ce contexte, dans le travail de la Commission mixte comme dans le débat politique, forte est la tentation du Gouvernement, et notamment de l’Elysée, de créer les conditions d’une forme « d’Union Sacrée », mettant en veilleuse les différences politiques normales de notre pays.

Les parlementaires communistes, républicains et citoyens ne peuvent s’associer à une démarche qui tend à laisser croire que la crise n’aurait qu’un caractère passager, qu’elle ne serait que le produit du dérèglement d’un système économique que quelques mesures ciblées suffiraient rapidement à rendre à nouveau vertueux et efficace.

Ils refusent notamment de séparer les solutions à apporter à la crise d’une véritable remise en question des choix politiques aujourd’hui à l’œuvre, que ce soit au plan national, comme au plan européen (Traité de Lisbonne par exemple), choix qui ont anticipé et amplifié les effets mêmes de la crise.

Au lieu d’une « refondation du capitalisme », selon les termes du Président de la République, la France, l’Europe et le Monde ont besoin de profondes mutations sociales, économiques et environnementales, retirant leur pouvoir de nuisance aux affairistes et spéculateurs financiers, modifiant profondément le fonctionnement du crédit, favorisant, enfin, la satisfaction des besoins collectifs des populations de l’ensemble de la planète avant celle des détenteurs de capitaux.

C’est en fonction de ces impératifs, pleinement d’actualité, largement partagés par l’opinion publique, que les parlementaires communistes et apparentés ont voté contre le rapport de la Commission Mixte qui ne fait qu’apporter de fausses solutions, car bien trop partielles, aux problèmes posés.

Paris, le 13 novembre 2008