"L’engagement du Département dans ce domaine va bien au-delà de la compétence obligatoire. Elle fait appel à nos valeurs. Elle incarne l’engagement de notre collectivité auprès de nos enfants, de nos jeunes fragilisés, en risque de rupture, en danger. Et cet engagement s’accommode mal de contraintes budgétaires.

Si nous relevons des points intéressants comme l’augmentation des aides éducatives en milieu ouvert et la création d’une équipe supplémentaire au titre de l’action éducative à domicile, nous sommes par contre inquiets des termes de maitrise budgétaire et de maitrise de files actives pour ce qui relève du placement des enfants en établissement. Nous sommes inquiets du nombre dérisoire de Contrats Jeunes Majeurs, 13 en 2015 pour combien en 2016 ?

Nous dénonçons également avec force le désengagement sans précédent (moins 30%) du Département en ce qui concerne la prévention spécialisée. En 2013, l’assemblée départementale avait adopté à l’unanimité des orientations départementales de la prévention spécialisée consolidant plusieurs axes tels que le renforcement de l’évaluation et du suivi ainsi que l’ancrage territorial, l’élargissant l’intervention aux jeunes dès 11 ans, le renforcement une politique éducative ancrée dans les principes de laïcité et de mixité.

Depuis ces actions ont été mises en œuvre et le bilan fourni par les associations de prévention spécialisée en sont la preuve. Et c’est l’année précédant le renouvellement des autorisations et habilitations, que vous choisissez pour casser cette dynamique. Ce n’est pas anodin car cela présage d’une forte remise en cause en 2017. La lettre ouverte du collectif Prév 77, adressée à l’ensemble des conseillers départementaux, est un véritable cri d’alerte : ce travail sur le terrain parfois invisible, mais pour autant concret, auprès de nos jeunes sans repères, victimes de violences, en rupture scolaire ou familial est nécessaire. Ce sont ces jeunes qui sont la cible des coupes budgétaire départementales.

Ces associations et les équipes d’éducateurs spécialisés sont les derniers à être sur le terrain. Et c’est leur emploi qui est en danger. Dans l’article du Parisien paru mercredi, Monsieur le Président, vous évoquez la somme de 600 000 € non consommée par les associations de prévention. Je souhaiterais avoir des éléments sur les associations et les postes de fonctionnement concernés.

Vous ne pouvez, Monsieur le Président, dans un même propos vous déclarer mobilisé contre le décrochage scolaire et pour la protection de l’enfance et détruire un à un les maillons de cette chaine indispensable qui est l’intervention sociale auprès des plus fragiles : en supprimant les subventions aux Espaces Dynamiques d’Insertion, comme à la prévention spécialisée. Vous fragilisez l’édifice entier de l’intervention départementale et vous la fragilisez dans le secteur rural de notre département comme dans son secteur urbain. La prévention spécialisée a besoin d’équipes renforcées, couvrant l’intégralité du territoire ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Encore moins qu’avant d’ailleurs car l’association CPMV sur le secteur Val Maubuée et Val d’Europe a fermé ses portes, ce qui est d’ailleurs passé sous silence dans ce mémoire. Monsieur le Président, notre groupe sera particulièrement vigilant et mobilisé sur cet enjeu toute l’année 2016 afin que 2017 ne sonne pas le glas de la prévention spécialisée sur l’ensemble du territoire."